Burgundy, France
15, rue de la Fontaine
21700 Vosne-Romanée
France
+33 (0)3 80 21 21 10
Découvrir le Domaine Leroy à Vosne-Romanée, en Côte de Nuits en Bourgogne.
En 1942, Henri Leroy, fils de Joseph Leroy, liquoriste et distillateur en Charentes, rachète la moitié du vignoble de l’emblématique et prestigieux Romanée-Conti et se dédie à l’exploitation du joyau de la Bourgogne jusqu’à son décès en 1980. Le Domaine Leroy, à Vosne-Romanée, c’est aussi, voire d’abord l’histoire de Lalou Bize-Leroy, fille cadette d’Henri Leroy. Cette célèbre vigneronne de 93 ans, star du vin malgré elle, papesse de la biodynamie en Bourgogne, est dans l’entreprise familiale depuis 1955. Cogérante, de 1974 à 1992, du Domaine de la Romanée-Conti aux côtés du grand Aubert de Villaine, elle rachète en 1988 et en 1989 des vignes du domaine Noëllat et du domaine Philippe Rémy. De ce rachat et de cette fusion va naître un domaine d’excellence, le domaine Leroy et de prestigieux vins.
Le Domaine Leroy n’aurait peut-être jamais vu le jour sans la création de la maison de négoce Leroy en 1868 à l’initiative du vigneron-négociant d’Auxey-Duresses, François Leroy. François Leroy est à cette époque déjà propriétaire de vignes à Musigny, Chambertin, Clos de Vougeot, Richebourg, Pommard et Meursault. Son descendant, Joseph Leroy, liquoriste et distillateur, développera avec sa femme Louise Curteley l’entreprise familiale. Puis c’est au tour de son fils Henri (3ème génération) qui rejoint le domaine en 1919. Henri est très investi et va considérablement faire prospérer la marque Leroy et la maison de négoce familiale.
Par ailleurs, celui-ci fonde une distillerie à Segonzac en Charentes et va créer une section eaux-de-vie lui permettant de développer l’activité de distillerie en Charentes, à Gensac La Pallue. En 1942, Henri Leroy qui s’occupe toujours de la maison de négoce familiale Leroy – dont le métier est d’acheter du vin (les approvisionnements) à des courtiers pour l’élever dans ses propres chais de la Côte de Nuits - va acquérir au nom de la maison de négoce, la moitié des parts de la Romanée-Conti, propriété iconique jouissant déjà à cette époque d’une notoriété internationale. Il s’impliquera dans la Romanée-Conti jusqu’à son décès en 1980.
Mais le Domaine Leroy, en tant que producteur, tel que nous le connaissons depuis la fin des années 80, est surtout l’affaire de la fille cadette d’Henri Leroy : la célèbre et charismatique « doyenne » de la Bourgogne viticole, Lalou Bize-Leroy. C’est en 1955, alors qu’elle n’a que 23 ans, qu’elle entre comme gérante dans l’affaire familiale aux côtés de son père. De 1974 à 1992, « la Grande Dame de la Bourgogne » reprendra quelques décennies plus tard, comme ce fut le cas pour son père, la cogérance du célèbre domaine de La Romanée-Conti aux côtés d’une autre légende bourguignonne, Aubert de Villaine. Madame Bize-Leroy, qui détient toujours 25% des parts du plus grand vin au monde, est aussi PDG de la maison de négoce familiale, la Maison Leroy depuis 1971. Le domaine viticole Domaine Leroy, en tant que producteur, est bel et bien créé par Lalou Bize-Leroy, avec l’aide de son distributeur japonais Takashimaya (distributeur des vins de sa maison de négoce au Japon), lorsque cette dernière rachète en 1988 et en 1989, les vignes du domaine Noëllat puis du domaine Philippe Rému en Côte de Nuits : le tout formant par voie de conséquence le Domaine Leroy. A 93 ans, et tout comme aux premiers jours, cette force de la nature, d’une énergie incroyable et d’une exigence rarement rencontrée, s’implique dans son domaine et continue à parler à ses vignes, comme il s’agissait de ses enfants. A force d’opiniâtreté et de travail, cette légende du vin a très vite atteint des sommets, elle la passionnée de montagne et d’escalade (activité qu’elle pratiquait régulièrement avec son regretté mari, Marcel Bize). Elle n’a rien perdu de sa passion pour sa Bourgogne natale et pour le métier de vigneronne de haute volée qu’elle exerce depuis 1955, sur ses terres à Auxey-Duresses.
Madame Bize-Leroy s’est forgée une solide réputation de femme de caractère et aux convictions bien ancrées. Elle est un exemple que beaucoup suivent, non seulement en France mais aussi à l’étranger. Pionnière de la biodynamie en Bourgogne – après avoir rencontré dans les années 80 le « pape » dans la Loire de la biodynamie, Nicolas Joly (propriétaire de la célèbre Coulée de Serrant) - son approche a très tôt bousculé une Bourgogne qui, disons-le, était à cette époque plus conservatrice que novatrice mais laquelle, pourtant, compte depuis quelques décennies bon nombre de domaines pratiquant cette viticulture vertueuse. Pourquoi la biodynamie ? Pour Madame Bize-Leroy : « la vigne est plus qu’une plante. C’est un être vivant. Elle ressemble à une personne. Elle veut être heureuse. Elle exige beaucoup de soin, elle est capricieuse, elle ne se laisse pas manager comme un troupeau de vaches. » C’est donc tout naturellement, et pour mieux offrir son temps et son amour à ses vignes que Lalou Bize-Leroy s’est donc tournée vers la biodynamie en rejetant tout herbicide, tout pesticide, en élaborant ses propres engrais naturels et des tisanes pour la vigne.
Ainsi, la « papesse » de la biodynamie bourguignonne, forte de son approche empirique depuis ses débuts en 1955, sans manquer d’un solide bagage, estime en apprendre encore tous les jours du vivant ; au point de se considérer encore, sans aucune fausse modestie, apprentie de la vigne malgré un bagage conséquent. En la demeure, notons que Lalou a très tôt été « jetée » dans le chaudron magique de la viticulture et du vin. « Bon sang ne saurait mentir. » Il faut dire que son père, Henry Leroy, l’a initiée dès le plus jeune âge. Et ce n’est rien de le dire car Lalou a eu sa première expérience avec le divin breuvage pratiquement dès sa naissance. Légende ou vérité ? Plutôt vérité ! De l’aveu de l’intéressée, son père avait l’habitude de lui déposer sur sa langue de bébé, une goutte de Musigny. Un peu plus tard, à Meursault chez ses parents, lorsque toute petite elle était censée faire la sieste, elle guettait que ses parents sortent de table pour descendre à la salle à manger et finir en catimini tous les verres. On l’aura compris, Lalou est une amoureuse du vin depuis sa plus tendre enfance. La suite, on la connaît : Lalou est devenue la plus emblématique figure féminine de la Bourgogne mai aussi un exemple, voire l’archétype de la réussite même si la légendaire vigneronne, légendaire malgré elle, se défend d’avoir réussi, elle qui est sans cesse dans une dynamique de recherche de la perfection.
« La Grande Dame de la Bourgogne » a toujours entretenu par ailleurs un rapport particulier avec ses vignes. Elle bichonne, avec l’aide de son bras droit Frédéric Roemer (gérant de la propriété et qui est aux côtés de Lalou depuis une vingtaine d’années) son vignoble de 21.99 hectares (18,13 hectares pour le Pinot Noir et 3,86 hectares pour le Chardonnay et l’Aligoté) avec un soin particulier. Elle considère ses parcelles comme chaque entité individuelle en parlant à ses vignes comme à ses cépages comme si elle s’adressait à ses proches. Les cépages en question sont d’une part le Pinot Noir représentant 100% pour les parcelles en rouge (normal, on est en Bourgogne, terre du mono cépage), un cépage que Lalou connaît par cœur puisqu’elle est née avec ; d’autre part, le Chardonnay occupant 29% des parcelles en blanc mais contre toute attente (par rapport à la tendance générale en Bourgogne) bien minoritaire par rapport à l’historique cépage Aligoté (71% de l’encépagement du domaine Leroy). C’est assez rare pour le signaler mais l’Aligoté bien conduit donne des blancs d’une grande singularité et d’une belle profondeur. Peu comme le Domaine Leroy lui vouent une passion. Et c’est bien dommage car l’Aligoté est solidement ancré dans l’ADN des blancs de la Bourgogne.
Avec de telles singularités, il n’est pas étonnant que les vins qu’élabore Lalou Bize-Leroy s’en trouvent dotés d’une forte personnalité et d’une signature forte, chaque vin étant à l’identique des individualités des parcelles comme elle aime à le rappeler. Et finalement, on comprend mieux pourquoi les vins du domaine respirent le lieu où ils sont nés et pourquoi les vins de Lalou s’arrachent à prix d’or (petits volumes obligent !) par tous les grands amateurs des grands vins de la Bourgogne.
Le Domaine Leroy peut se targuer de posséder de grands terroirs sur des climats prestigieux. Les appellations et les climats en question ont de quoi faire tourner la tête et donner le vertige. Dans l’escarcelle de la propriété, 9 Grands Crus, 6 Premiers Crus, 9 villages et quelques bourgognes génériques constituent le nerf de guerre du domaine. Avec ses 21,99 hectares, le domaine est à la fois présent en Côte de Beaune (10 hectares) comme en Côte de Nuits. Si le domaine Leroy a des parcelles en Chambolle-Musigny Premier Cru et Grand Cru, en Musigny Grand Cru, en Clos Vougeot, en Nuits-Saint-Georges 1er Cru « Aux Boudots » et en Volnay Santenots, certaines parcelles sont peut-être les plus connues du domaine comme la Romanée-Saint-Vivant, le Vosne-Romanée 1er Cru les Beaux Monts, le Vosne-Romanée Genaivrières, le Chambertin, le Musigny, le Pommard Les vignots, le Savigny-lès-Beaune 1er Cru Les Narbantons ainsi que le Corton-Charlemagne Grand Cru et une parcelle d’Auxey-Duresses blanc.
Toutes ces composantes du vignoble Leroy sont toutes intégralement conduites en biodynamie depuis 1988. Les vins qui en résultent sont de toute beauté. C’est de la haute couture, du sur-mesure sur ces parcelles atteignant à peine des rendements de 15 à 20 hl/hectares. Plutôt 15 hectolitres d’ailleurs comme un rendement maximum idéal que se fixe la propriétaire. Soit pas plus de 5 grappes par pied. Au bout du compte, seulement 8 000 bouteilles de produites par an. Anti économique comme rendement me diriez-vous ? Pour beaucoup de domaines, probablement mais pas pour le Domaine Leroy. C’est voulu et Madame Bize-Leroy l’a sciemment réfléchi. Au-delà, de 15 ou 20 hectolitres, comme le dit Lalou : « ça peut être bon, très bon même mais il faut se garder de faire de la vigne une « vache à lait. » Il faut être à son écoute en toute circonstance.
Et le résultat est remarquable : des raisins exclusivement récoltés à la main présentant une concentration inégalée avec des parfums et des saveurs sensuelles, des bouches somptueuses pour des vins d’une complexité et d’une régularité exemplaires, et ce depuis des décennies.
Il faut noter que les vins du Domaine ne sont pas à confondre avec les vins élaborés (avec pourtant la même exigence de qualité) par la maison de négoce. D’ailleurs, pour s’y retrouver, les étiquettes indiquent bien la nuance. Lorsqu’il s’agit du négoce Leroy, c’est la mention « négociants à Auxey-Duresses » qui est indiquée en bas de l’étiquette. Au contraire, quand les cuvées proviennent du Domaine Leroy, la mention « propriétaires à Vosne-Romanée » est indiquée clairement et les bouteilles utilisées, plus massives, plus lourdes (de type « burgondes », donc plus épaisses au niveau du verre) ont toutes le col ciré.
Vigneronne et dégustatrice hors-pair, Lalou Bize-Leroy parle à ses vignes et à ses vins. Son approche de la vigne, très anticonformiste et singulière, est douce et pleine de bon sens. Elle privilégie le moins d’intervention possible, préférant surtout être à l’écoute de la nature et du vivant mais avant tout du terroir. En effet, un terroir, ça se respecte si l’on cherche à atteindre dans les vins les plus subtiles expressions et nuances du goût des lieux. La biodynamie, dont elle est précurseur en Bourgogne, participe aussi de ce bon sens vigneron qui considère que tout est vivant. Une forme d’animisme de la vigne. A tel point que certaines pratiques, comme le rognage de la vigne en été – que beaucoup pratiquent pourtant même si certains s’interrogent en n’en faisant moins – est interdit au domaine Leroy depuis 1988. Pour Lalou, rogner est un contre sens et c’est une violence faite à la vigne et aux lois naturelles qui la régissent. Elle considère en la demeure, quitte à passer pour une « illuminée » que rogner n’est pas normal et n’est ni un acte anodin pour la vigne. Mais elle préfère que ses vignes s’épanouissent sans être stressées par l’intervention humaine et s’expriment librement avec de grandes tiges. Le résultat s’en ressent selon elle : les vignes sont belles, contentes et le lui rendent au centuple lorsque l’on constate la qualité des vins qui ne souffre d’aucune dérive.
Mais la propriétaire n’est jamais satisfaite considérant que d’une année à l’autre, elle peut toujours faire mieux. Cette quête perpétuelle de graal et cette capacité naturelle à se remettre facilement en question, avec la posture d’une véritable humilité face à la loi de la nature est des plus respectables et admirables. On l’aura compris, au Domaine Leroy, on cherche d’abord à atteindre l’excellence quitte à ne pas hésiter, et c’est courageux d’un point de vue économique, à déclasser son vin en Bourgogne générique si le millésime n’est pas à la hauteur des exigences des climats et du classement des parcelles. C’est par exemple ce qui est arrivé en 2004 lorsque Lalou Bize-Leroy s’est rendue compte que les raisins de certaines de ses parcelles n’affichaient pas la maturité escomptée. Ce n’est pas donné à tout le monde de prendre la décision de déclasser son vin, quitte à perdre beaucoup économiquement. Mais le Domaine Leroy ne saurait se fourvoyer dans une politique de volume à tout prix. Ce serait aller à l’encontre de la philosophie et de la ligne de conduite que s’impose depuis la fin des années 80, Lalou Bize-Leroy. Car le caractère de la doyenne viticole de la Bourgogne est tel que l’excellence à un prix (pas que celui de la bouteille), celui du sacrifice lorsque cela est nécessaire.
Tout comme elle le fait à la vigne, Lalou Bize-Leroy, « droite dans ses bottes » et cohérente avec elle-même, applique une méthode d’effacement à la cave. Son approche de la vinification est singulière comme par exemple le non-égrappage des raisins. Là aussi, il s’agit d’intervenir le moins possible au moment des vinifications et des élevages sans pour autant négliger les actions fondamentales. Tout est question de mesure, de laisser faire tout en surveillant et d’agir quand c’est uniquement nécessaire. Pas plus, pas moins ! Concrètement, la charismatique vigneronne s’en remet à ses compétences et son instinct (ce qui lui réussit très bien) sans pour autant succomber à l’intervention du « tout œnologie. » La cave du Domaine Leroy est un écrin dont la température est entre 12 et 14 degrés, ce qui convient parfaitement aux vins. Sans refuser l’avis des œnologues, Lalou mène la danse. Elle est là, regarde, écoute, sent, comprend et déguste les lots en cours de fermentation comme les vins une fois entonnés sans oublier de pratiquer des ouillages (à raison de deux par semaine) pour protéger le vin de toute oxydation. Et comme elle le fait avec ses vignes, elle parle à ses vins, des vins qui se font naturellement, sans avoir trop à y toucher, en tout cas, le moins possible. Mais intervenir le moins possible ne veut pas dire ne pas prendre soin de ces trésors en « pièces » (barriques bourguignonnes de 228 litres). A noter que les vins ne sont pas filtrés et sur les 8000 bouteilles produites « bon an mal an », seule une partie est commercialisée. Les vins sont d’ailleurs mis sur le marché 4 à 5 ans après avoir été mis en bouteille (un principe de mise en marché un peu à l’instar de certains vins italiens comme le Chianti Classico Riserva): une façon de mieux contrôler les flux et surtout de s’assurer que les vins arrivent à un moment où ils peuvent commencer à être consommés alors même que ces vins sont de toute façon taillés pour une grande garde.
Le domaine Leroy compte pas moins de 26 vins qui ont tous leur caractère tout en exprimant la personnalité singulière et fascinante de Lalou Bize-Leroy. Comme pour ses vignes, Lalou considère ses vins comme des personnalités uniques, comme des enfants avec leur propre humeur et qui ont tous une histoire exclusive à raconter, donc différente. A-t-elle des préférences ? Des parents ayant plusieurs enfants pourraient-ils aimer plus un enfant qu’un autre ? Cela arrive. Quant à Lalou, oui elle a quelques préférences et semble estimer plus certains de ses vins que d’autres comme par exemple ses Musigny, ses Nuits-saint-Georges et ses Saint-Vivant. Mais elle ne déteste pas pour autant ses Chambertin ou ses Richebourg, ni les autres d’ailleurs. Après tout, avoir des préférences ne signifie en aucune façon renier le reste.
Les vins qu’elle produit, et qui passent pour être à juste titre parmi les plus grands vins au monde ont un point commun évident : une profondeur et une exemplarité remarquables. A priori, on serait tenté de penser que seuls les esthètes peuvent les apprécier. Mais il n’y a pas que les esthètes qui s’enthousiasment pour ses vins. Beaucoup d’amateurs de vins caressent l’espoir d’en acquérir mais les faibles volumes sont un frein pour satisfaire le plus grand nombre. Car boire du Domaine Leroy (encore faut-il en avoir les moyens), c’est faire partie de l’univers de Lalou comme si l’on était un proche de son entourage, c’est dialoguer avec elle et c’est donc se sentir chanceux, privilégié tant la Dame de la Bourgogne est une sommité.
La grande Dame de la Bourgogne, probablement la plus grande viticultrice de France et l’égale du regretté Henri Jayer, le « Prince du Pinot Noir » (décédé en 2006), a d’ailleurs sa propre recette pour apprécier ses vins et qui fâcherait plus d’un « critique » et dégustateur spécialisé qui aime souvent les envolées lyriques sémantiques. Lalou encourage tout un chacun qui a la chance de boire ses vins ou n’importe quel autre vin, à ne pas se laisser envahir d’un vocabulaire pompeux, imagé ou trop abstrait, au risque de passer à côté du nectar. Car pour elle, il ne fait aucun doute que les vins parlent tous seuls, sans avoir besoin d’un interprète humain. Bien qu’elle les respecte, elle déplore en général que les commentateurs gâchent tout par leur commentaire de dégustation. Et de préciser avec un aplomb délicieux que « les interprètes que nous sommes sont souvent idiots dans l’exercice de la dégustation amatrice ou professionnelle. »
Bien au contraire, pour elle, déguster, c’est écouter, comme écouter lorsque l’on assiste à un concert qu’il serait vain et maladroit de commenter au lieu de se concentrer sur le son. Il faut donc écouter le vin dans un recueillement presque religieux, autrement dit en « faisant silence » pour comprendre sa présence, sa vibration, sa musique. D’ailleurs, à cet égard, Lalou Bize-Leroy reconnaît volontiers que le vin est de la musique.
Ainsi, et parce qu’il n’est pas question de se fâcher avec la délicieuse Grande Dame de la Bourgogne, et par respect, nous ne commenterons aucun de ses vins dans cette présentation au risque de gâcher la nature profonde de ces vins par des mots s’éloignant du sens, du discours, de l’histoire qu’ont à nous raconter les vins du Domaine Leroy. Mais retenons l’essentiel, comme une sorte de vade-mecum qui d’ailleurs se suffit à lui-même pour convaincre de l’évidence. Quelle que soit la couleur (ici le cépage), l’appellation et le climat, il ne fait aucun doute que les vins du Domaine Leroy sont brillantissimes, délicats, purs, éclatants, expressifs, élégants, raffinés, prolixes, racés, vibrants et finalement uniques au point d’en être devenu des icônes de la Bourgogne et le paradigme du grand vin, avec la Romanée-Conti, dans sa dimension internationale.
1989,1990, 1993, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2002, 2003, 2005, 2007, 2009, 2010, 2011, 2012, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022, 2023